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La gestion de cas pour les usagers atteints de démence: les bonnes pratiques

La pertinence des soins et services pour les personnes atteintes de démence représente un enjeu de taille pour le système de santé québécois. La gestion de cas est l’une des approches privilégiées actuellement pour faire face à ce défi.  

Dans la dernière décennie, les résultats concernant l’efficacité de la gestion de cas pour les personnes atteintes de démence varient beaucoup d’un projet de recherche à l’autre. Plusieurs études soulignent d’ailleurs ces résultats contradictoires. 

L’article que je propose aujourd’hui (Barriers to implementation of case management for patients with dementia : A systématic mixed studies review) a été écrit par trois médecins du Département de médecin de famille de l’Université McGill (Vladimir Khanassov, Isabelle Vedel, Pierre Pluye). Ils ont procédé à une revue systématique mixte de la littérature sur le sujet. Leurs conclusions permettent d’identifier:

  • les causes possibles des contradictions observées dans littérature,
  • les conditions qui permettraient d’augmenter l’efficacité générale de la gestion de cas pour les personnes atteintes de démence.
  1. Assurer un suivi intensif de l’usager

La première condition qui permettrait d’augmenter l’efficacité de la gestion cas est d’instaurer un suivi intensif systématique pour les usagers atteints de démence. Cette pratique entraînerait notamment des retombées positives concrètes sur l’optimisation des services et sur les résultats cliniques de l’usager (ex. : diminution ou meilleure gestion des symptômes comportementaux).

Le suivi intensif tel que décrit dans l'article implique :

  • une petite charge de cas (50 usagers pour 1 équivalent temps complet)
  • des rencontres régulières et en personne avec l’usager et le proche aidant
  • des contacts fréquents entre le gestionnaire de cas et le médecin de famille
  • un suivi proactif (ex. : relances)
  • la poursuite du suivi par le gestionnaire de cas lors d’une hospitalisation ou lors d’un séjour en réadaptation/soins de courtes durées
  • un volet « enseignement » dans le cadre du suivi afin d’assurer une bonne compréhension et gestion de la situation par le proche aidant
  1. Assurer une communication efficace

La deuxième condition qui permettrait d’augmenter l’efficacité de la gestion de cas est d’assurer une communication efficace entre les partenaires impliqués au dossier (ex. : l’usager, le proche aidant, le gestionnaire de cas, le médecin, le préposé d’aide à domicile). Cette pratique entraînerait notamment des retombées positives concrètes sur la santé du proche aidant (ex. : prévention de l’épuisement et de la dépression).

Les communications efficaces telles que décrites dans l’article impliquent :

  • des procédures de référence transparentes et fluides
  • des rencontres interdisciplinaires régulières
  • la possibilité pour le gestionnaire de cas d’obtenir le support et l’avis du médecin et d’autres spécialistes facilement lorsque la situation l’exige
  • un système de suivi du dossier informatisé
  • un gestionnaire de cas qui possède de grandes compétences de communication et de collaboration
  • un soutien important offert au proche aidant pour « naviguer » dans le système de santé, notamment au début de la maladie
  • une grande implication du proche aidant et de l'usager dans toutes les prises de décisions

En résumé, soulignons que les conditions de succès énumérées précédemment  sont essentielles. Si elles ne sont pas présentes, la gestion de cas entraîne peu de retombées sur les symptômes comportementaux, la durée des séjours à l’hôpital, l’épuisement et la dépression du proche aidant.

Pour consulter l'article intégral, CLIQUER ICI