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Les enjeux entourant le rôle des proches aidants à domicile et en CHSLD

Les enjeux entourant le rôle des proches aidants à domicile et en CHSLD 

Le vieillissement de la population, situation à laquelle s’ajoutent des limites budgétaires ainsi qu’un manque de main-d’œuvre qualifiée, rend le support des proches aidants de plus en plus nécessaire au système de santé québécois.

Une récente étude publiée dans le BMC Geriatrics compare la contribution des proches aidants à domicile avec celle des proches aidants en établissement de soins de longue durée. Bien que l’étude provienne des Pays-Bas, certains aspects sont facilement transposables à la réalité vécue au Québec.

Plusieurs études se sont penchées sur les enjeux entourant le rôle des proches aidants à domicile. Cependant, peu en ont fait la comparaison avec les changements qu’amène l’arrivée de la personne aînée en CHSLD. On pourrait croire que le rôle d’un proche aidant s’arrête avec l’institutionnalisation de l’usager, quand il en est tout autrement. En effet, l’arrivée de celui-ci en CHSLD amène les proches aidants à devoir jongler avec de nouvelles fonctions d’intermédiaire et de soutien au corps hospitalier.

Ce court texte permet de « s’inspirer de la recherche » et d’en apprendre davantage sur :

  1. Les caractéristiques générales des proches aidants et des usagers à domicile en comparaison à ceux en CHSLD;
  2. Des pistes de réflexion sur les interventions possibles auprès des proches aidants.

 

Bonne lecture !

 

Voici un tableau qui permet de comparer les caractéristiques des proches aidants et des usagers 1) à domicile, et 2) en établissement de soins de longue durée.

 

 

À domicile

En établissement de soins de longue durée

 

Lien avec l’usager

 

 

Plus souvent = conjoints

 

Principalement = enfants/parents

 

Caractéristiques de l’usager

 

Surtout des hommes

Jeunes et souvent en meilleure santé

 

 

Personnes plus âgées

 

Caractéristiques du proche aidant

 

Principalement des femmes (59 %)

 

Principalement des femmes (76 %)

Souvent plus jeunes

 

 

Nombre d’heures allouées

 

 

Moyenne de 19 h/semaine

 

Moyenne de 9 h/semaine

 

Perception de la tâche

 

La perception de la tâche augmente si :

 

L’usager est un homme

L’aidant est une femme

Il y a cohabitation de l’aidant et de l’usager

Il y a présence de comorbidité chez l’usager

L’aidant est lui-même âgé

L’aidant a un faible niveau de santé

 

 

La perception de la tâche n’augmente pas chez les proches aidants plus âgés.

 

Ceci est probablement dû au support qu’offre l’aide professionnelle en prenant en charge les tâches plus difficiles, intensives et essentielles.

 

 

Perception du niveau de santé et du bien-être de l’usager

 

Le bien-être des usagers en établissement de soins de longue durée CHSLD est le même que pour ceux qui reçoivent des soins à domicile. L’admission en CHSLD ne semble pas amener de diminution du bien-être chez les usagers.

 

 

Perception du niveau de santé du proche aidant

 

Se considère en moins bonne santé.

 

L’admission en CHSLD semble avoir un effet positif sur la perception que les proches aidants ont de leur santé.

 

Il faut toutefois considérer que les proches aidants sont souvent les enfants et sont donc plus jeunes et réellement en meilleure santé.

 

Perception du proche aidant sur sa qualité de vie

 

78.9 sur une échelle de 1 à 100

 

82.7 sur une échelle de 1 à 100

 

Comment les gestionnaires et les intervenants peuvent-ils mieux soutenir les proches aidants?

 

  1. En soins de longue durée : orienter et accompagner les proches aidants

L’implication des proches aidants ne s’arrête pas avec l’admission en CHSLD. Les établissements de soins de longue durée auraient intérêt à se doter de politiques internes et de services adaptés venant en soutien aux situations particulières des proches aidants.

L’admission en CHSLD amène un changement au niveau des tâches effectuées par le proche aidant. Il est donc important d’offrir un accompagnement adéquat aux proches aidants qui tentent de redéfinir leurs rôles et responsabilités.

 

  1. À domicile : rester vigilant face aux situations de surmenage et de détresse

À domicile, certaines caractéristiques des proches aidants ou des usagers semblent accentuer le fardeau vécu. Les intervenants devraient porter une attention particulière aux proches aidants plus vulnérables et proposer des interventions proactives (ex. : soutien psychosocial, ajout de services) pour tenter de réduire leur fardeau. À domicile, les différents intervenants peuvent jouer un rôle important de repérage, notamment dans les cas d’épuisement du proche aidant.

 

En somme, malgré les difficultés vécues par les proches aidants, 50 % d’entre eux affirment qu’ils seraient moins heureux si on leur enlevait cette tâche. Selon l’étude, seulement 7 % des proches aidants ne retirent strictement aucun bénéfice de leur implication auprès de leur proche.

 

Et vous :

Y-a-t-il des politiques internes adaptées au soutien des proches aidants au sein de votre établissement?

Votre réalité et votre vécu expérientiel sont-ils différents de ceux mentionnés dans l’article?