Lectures Lectures

Retour

Soins aux aînés issus d'une culture différente

Plusieurs études démontrent que les personnes aînées issues d’une minorité culturelle sont victimes d’inégalité en matière de santé. Cette réalité s’explique par une combinaison de facteurs:

L’usager n’est pas familier avec les différents concepts du monde médical. Il a de la difficulté à communiquer dans la langue d’usage. Ses croyances et préférences en matière de santé limitent son adhésion au traitement proposé, etc.

Les habiletés de communication interculturelle du personnel soignant sont limitées. Il s’intéresse peu à la réalité culturelle de l’usager et a peu conscience des impacts de ses propres croyances sur l’intervention. Le réseau de la santé et des services sociaux est organisé de façon complexe, etc.

Les pratiques de base

Bien que la réalité ne soit pas exactement la même au Québec, certaines des recommandations de l’American Geriatrics Society (AGS) peuvent toutefois s’avérer inspirantes pour les gestionnaires de notre réseau afin de bonifier les soins et services offerts aux personnes aînées issus d’une minorité culturelle. Certaines de ces recommandations pourraient aussi s’appliquer aux personnes aînées Premières Nations.

Voici quelques questions clés qui devraient systématiquement être adressées à la personne aînée par l’équipe soignante et colligées à son dossier d’usager afin d’enrichir la qualité des soins et services offerts :

- Quelle est votre origine ethnique?

Dans quelle langue êtes-vous le plus à l’aise de communiquer?

Savez-vous que des services d’interprète sont disponibles et gratuits? Aimeriez-vous bénéficier des services d’un interprète?

Quels sont vos préférences concernant tel ou tel service?

Quelles autres méthodes de soins utilisez-vous? (Ex. : herbes médicinales).

Pouvons-nous ensemble résumer ce qui a été convenu dans notre rencontre d’aujourd’hui? (S’assurer ainsi que la personne aînée a compris les indications verbales ou écrites énoncées par le personnel soignant).

Les habiletés du personnel soignant

Le développement des compétences des équipes soignantes devrait se faire de façon continue autour des éléments suivants :

- La communication dans un contexte multiculturel et la communication auprès d’usagers ayant un faible niveau de littératie.

Une réflexion personnelle guidée sur ses préjugés et les biais qui y sont associés.

Voici quelques questions susceptibles d’alimenter la réflexion des membres des équipes soignantes :

- Quels sont les préjugés associés à votre groupe socioculturel?

Comment le groupe socioculturel dans lequel vous avez grandi a influencé l’ancrage de vos valeurs?

À ce sujet, le Centre de Recherche et de Formation SHERPA (CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’île-de-Mtl), offre différentes formations en interculturelle dont pourrait bénéficier votre équipe!

La contribution des interprètes 

La contribution d’un interprète dans le suivi de personnes aînées issues d’une minorité culturelle est incontournable pour assurer la qualité des soins et services. Voici quelques pratiques de base pour s’assurer que la contribution d’un interprète soit bénéfique :

- Éviter de solliciter la famille pour remplacer l’interprète.

Avant et après la rencontre avec l’usager et sa famille, donner des consignes de base à l’interprète. Discuter brièvement de la situation de l’usager avec lui.

Éviter de laisser l’interprète seul avec l’usager et sa famille (l’interprète devrait s’abstenir d’aborder de sujets médicaux sans la présence du personnel soignant).

En rencontre avec l’usager et sa famille, prendre le temps de faire les présentations.

S’assurer de demeurer en face de l’usager (l’interprète devrait se positionner à côté de l’usager, légèrement en avant, de façon à créer un triangle).

S’assurer d’avoir accès au langage non-verbal de l’usager; y porter une grande attention.

Préserver le contact visuel avec l’usager et sa famille (pas seulement avec l’interprète). Garder en tête que pour certains groupes culturels, éviter le regard d’autrui est un signe de respect et de concentration. Ne pas oublier que c’est avec vous que l’usager discute.

Éviter autant que possible tout jargon médical et s’assurer de la compréhension de l’interprète aussi souvent que nécessaire.

S’exprimer en utilisant des phrases courtes et simples qu’il est possible d’interpréter de façon rapide et précise.

Pour des références ou pour consulter l’article